Ode à Cassandre<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit declose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu, ceste vesprée,
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.<o:p></o:p>
Las ! Voiés comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ! ses beautés laissé cheoir !
O vrayment maratre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir.<o:p></o:p>
Donc, si vous me croiés, mignonne :
Tandis que vôtre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillés, cueillés vôtre jeunesse
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir vôtre beauté.<o:p></o:p>
Les Amours (1553) <o:p></o:p>
Pierre de RONSARD (1524-1585)<o:p></o:p>
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